www.ca-va-couper.fr: la création prise en otage

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Écrit par Administrator   
Vendredi, 31 Octobre 2008 12:50

L’association de consommateur Que Choisir, bien connue pour ses tests comparatif, créé une nouvelle fois l’événement en lançant un site de contestation contre le projet de loi visant à couper l’accès internet des internautes qui piratent la musique ou la vidéo en ligne.

 

Sur ca-va-couper.fr, Que Choisir décrit le projet de loi, mais surtout tourne en dérision le principe de dénonciation des internautes téléchargeant illégament des MP3. Neofoo soutient ce type de démarche, dans la mesure où il s’insurge contre des mesures aussi obsolètes que la peine de mort et totalement inefficace pour protéger la véritable création artistique.

On remarquera que la régulation du téléchargement de données sur le web se heurte à une triple hypocrisie.

 

1°) L’hypocrisie des major de l’industrie musicale 

Plutôt que de dire les choses clairement, les majors prétendent oeuvrer pour protégre la création (d’où le nom de la loi), ce qui fait doucement rire tous ceux qui savent commencer sont sélectionner les artistes et comment ceux qui font partie des élus se font lobotomiser une fois qu’ils ont signé avec une major.

 

Or, tout le monde sait que la motivation des major concernant la régulation du téléchargement se résume à "Nous voulons crucifier les millions de jeunes qui téléchargent de façon illégale, car nous avions pris l’habitude de nous en mettre plein les fouilles en sortant 90% de productions de médiocres qualité à coup de Star Ac, de Boys Band et de Macarena et maintenant, c’est fini et nous voulons faire payer quelqu’un."

 

2°) L’hyprocrisie des artistes connus

Ceux d’entre eux, qui ont tellement galéré et accepté de faire tellement de compromis avec leur art et leur conscience, ne peuvent accepter que nous soyons entrés dans une ère où ils leur sera difficile de maintenir des revenus obscènes au vu de leur contribution à la création artistique.

 

3°) L’hypocrisie des pouvoirs publics

Ces derniers refusent d’admettre que la loi sur le copyright est étroitement liée à l’état de la technologie. Le droit est une chose. Mais la capacité à faire appliquer ce droit conditionne son existence même. Or, les lois sur le copyright sont nés avec la société industrielle et reposait sur des barrières techniques qui empêchaient la reproduction à grande échelle de création. Or, ces lois sont devenus inapplicables avec l’essor des réseaux comme internet.

Une loi n’a de sens qu’un lieu età une époque.

En l’occurence, la loi sur le copyright est aussi obsolète que le minitel. Elle est dépassée par internet et doit s’adapter dans son essence et non seulement dans ses modalités d’application.

 

4°) L’hypocrisie des utilisateurs.

 Ces derniers prétendent ne pas porter de tort à l’industrie musicale et se réfugient souvent dans des logiques simplistes: "je ne fais pas de mal en téléchargeant illégalement car personne n’est mort". Le fait de reproduire une ’uvre protégée par le droit de la propriété intellectuelle est illégal. Cela ne souffre aucune exception même sur internet. Donc, il faut assumer le fait d’être hors la loi, de la même façon que lorsque l’on fait des excès de vitesse. Le fait qu’un acte ne porte pas préjudice à court terme à quelqu’un, ne légitime en rien cet acte.

 

Il faut donc assumer ses téléchargements illégaux et peut être plutôt se fixer des régles qui pourraient être, par exemple, s’interdire de télécharger gratuitement un artiste débutant dont on apprécie les morceaux sans les payer après sur son site de téléchargement.

 

A cette hypocrisie, s’ajoute une triple incompétence et un manque de vision.

 

L’avenir de la rémunération de la création pour les masses passera pas d’autres modèles:

  • la commercialisation d’objets à forte valeur ajoutée: si les internautes téléchargent et gravent des MP3, c’est parce qu’ils sont capables de produire les mêmes objets que les majors. Ces dernières doivent remettre en question leur valeur ajoutée. "Les bonus" sont une version pauvre de cette valeur ajoutée qui manque pour faire la différence. Quelques idées gratuites pour ces derniers: photo dédicacée de l’artiste (et il devra mouiller sa chemise), album vendu sur lecteur PM3 en série limitée, utilisation du buzz marketing, etc...
  • la vente de musique en directe achetée directement auprès de l’artiste ou sur des plateformes de téléchargement payant, sans la commission des majors
  • une chute des prix: le prix des téléchargements est sans commune mesure avec leur coût effectifs
  • la vente de  morceaux en shareware (si vous aimez, vous payez et vous donnez ce que vous voulez)
  • la vente de pack "Album+concert" ou "Album+émission"

Mais tout cela oblige non seulement les vieux cadres des maisons de production à remettre en cause leurs modèles et aussi l’artiste à se remettre au boulot alors qu’il tenait pour acquis que la tournée de promo télé suffisait à le rendre riche une fois qu’il était rentré dans la major.

 

Plus fondamentalement, la facilité de duplication des oeuvres issues de la création intellectuelle renvoeint à un problème plus profond: durant des centaines d’années, les artistes ont vécu de leurs représentations. La génération de revenus issus des copyrights, les business models de société et les fortunes personnelles qui en ont découlé, sont très récentes et font figure d’exception à l’échelle de l’histoire de l’humanité. 

 

La création artistique a souvent été une affaire de passion et non d’argent. 

 

On crée une oeuvre artistique parce que l’on est amoureux de son art et que l’on a besoin de créer. Pourquoi la création de cette oeuvre devrait-elle obligatoirement donner lieu à rémunération ’ Et de là, il n’y a qu’un pas à franchir pour estimer que l’économie du copyright pervertit la création et la réduit à sa portion congrue: les créations qui peuvent être comprises et acceptées par la masse en moins de 6 mois.

 

Les 20 dernières années l’ont prouvé: les business models des majors ont abouti à une réduction drastique de la création musicale.

 

Ce sont elles qui ont éliminé de facto, 90% des créateurs. Et maintenant, elles se plaignent que nous éliminions par un vote économique les 10% qu’elles daignent nous présenter.

 

Réveillez vous, producteurs de l’ancien monde: aujourd’hui, comme des millions de créateurs internautes, je diffuse mes créations sur la toile et je ne demande aucun copyright. Je ne suis pas artiste, je suis un spécialiste du marketing sur internet, j’appartiens à la génération ecommerce. Plus mes oeuvres sont partagées et appréciées, plus cela m’encourage à continuer.

 

Et sans le versement d’aucun copyright. 

 

Le partage est le fondement de ma création artistique.

 

L’enrichissement est le fondemenet de la votre, chez major.

 

Vive la création gratuite !

 

Vive l’internet !

 

Vive la république !

 

 

 
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